Soues: Cérémonie de remise de médaille de “Juste parmi les Nations” à titre posthume à Dominique LAPIERRE

Jeanine DUBIÉ a participé, dimanche 18 janvier, à la remise de la médaille de “Juste parmi les Nations”, à titre posthume, à Dominique LAPIERRE.

Dominique LAPIERRE avait protégé Henri KNOPF, jeune homme juif, qui fuyait la barbarie nazie. La médaille des Justes parmi les nations est remise et attribuée par le comité pour Yad Vashem créé en 1953 par le Parlement israélien «pour perpétuer le souvenir de la Shoah».

***

Retrouvez ci-dessous le discours prononcé par Jeanine DUBIÉ lors de la remise de la médaille :

La semaine dernière, l’horreur et la barbarie se sont abattus sur la France.

En trois jours, 17 vies ont été sauvagement assassinées. Ils étaient journalistes, policiers, juifs, jeunes et moins jeunes, figures connues et d’autres plus anonymes, mais c’est toute la communauté nationale qui s’est levée comme un seul homme pour défendre ce qu’elle considère comme un des piliers inaliénables, de notre République : la Liberté.

J’ai participé à de nombreux hommages et, je veux vous dire aujourd’hui à quel point j’ai été touchée et émue par ces rassemblements spontanés, par ces marches silencieuses, par ces témoignages de soutien ou encore par la marseillaise chantée dans l’hémicycle. La France a été touchée au plus profond de son cœur mais elle a su une fois encore se rassembler et rappeler son attachement à la liberté, à la tolérance, à la diversité.

Alors, aujourd’hui forcément, cette cérémonie prend une dimension particulière tant ces moments difficiles nous rappellent notre Histoire.

Aujourd’hui, c’est le souvenir qui nous rassemble.

Le souvenir de millions d’hommes et de femmes victimes de la barbarie nazie, le souvenir de familles séparées à jamais mais également le souvenir d’hommes et de femmes, qui n’écoutant que leur courage et leur humanité, ont risqué leur vie, dans l’anonymat le plus souvent, pour permettre à d’autres de vivre libres.

Nous rendons hommage à Dominique LAPIERRE, qui a recueilli et pris sous sa protection le jeune Henri KNOPF pendant deux années, ici à Soues. Nous lui disons ici la fierté et la reconnaissance de notre département et de notre pays. Nous conservons à son égard une dette imprescriptible. Rendre hommage à Dominique LAPIERRE, c’est se souvenir que les justes incarnent l’esprit de la résistance, l’héroïsme.

Se souvenir, c’est aussi transmettre. Il faut que toujours l’Histoire soit dite, la chaine ne doit pas se rompre. Nos enfants, nos petits-enfants devront garder au plus profond de leur cœur, la conscience de ce qui s’est passé. Nous devons faire, Mesdames et messieurs, de cette cérémonie la manifestation de notre solidarité, de notre reconnaissance pour tous ces hommes et ces femmes qui se sont battus pour l’esprit de la France et pour la liberté. Pour conclure, permettez-moi de citer Simone VEIL : « En honorant ceux qui ont refusé de se plier à la fatalité de la volonté exterminatrice de l’idéologie nazie, la médaille des Justes contribue à rétablir l’Histoire dans sa vérité. »

Je vous remercie.

 

DOMINIQUE LAPIERREDOMINIQUE LAPIERREDOMINIQUE LAPIERRE