Jeanine DUBIÉ interroge Emmanuel MACRON au sujet de la situation des entreprises tarbaises Cegelec et Eiffage

Dans le cadre des travaux de la Commission des affaires économiques, Jeanine DUBIE a attiré l’attention du Ministre de l’Economie Emmanuel MACRON au sujet de la situation des entreprises tarbaises Cegelec et Eiffage industrie.

Retrouvez ci-dessous son intervention :

Mme Jeanine Dubié. Merci, monsieur le ministre, pour cette présentation exhaustive du dossier Alstom qui nous apporte des réponses à nos interrogations sur le rachat du pôle énergie et ses conséquences sur l’activité et les emplois du groupe, notamment en France.

Tout d’abord, je souhaiterais connaître votre position sur les relations entre Alstom Transport et ses sous-traitants. Comme je vous en ai informé, plusieurs sous-traitants historiques se disent victimes d’une importante pression sur les prix, dans le cadre du renouvellement des contrats commerciaux. Ce matin, le PDG d’Alstom nous assurait que le département transport de son groupe était dans une très bonne santé financière, qu’il venait de signer des contrats pour un montant de 27 milliards d’euros et que son carnet de commandes lui assurait cinq ans d’activité. Or, dans ma circonscription des Hautes-Pyrénées, soixante-quinze salariés des sociétés tarbaises Cegelec et Eiffage Industrie sont menacés par un plan social.

Le groupe Alstom, qui vient de signer l’un des plus gros contrats de son histoire et qui a bénéficié d’un sérieux coup de pouce de l’État en 2003, ne devrait-il pas faire preuve de responsabilité sociale et économique ? Pouvez-vous nous assurer que les services de l’État vont se mobiliser afin de sauvegarder ces emplois et assurer le reclassement de ces salariés ?

Emmanuel Macron. Madame Dubié, vous avez évoqué les difficultés de Eiffage Énergie, qui a perdu un contrat de sous-traitance majeur sur le site d’Alstom à Tarbes, et de deux sites, filiales de Cegelec, du groupe Vinci, menacés par le retrait d’Alstom. J’ai déjà saisi les services de l’État. Ces entreprises sont des filiales de grands groupes en bonne santé financière, qui doivent prendre leurs responsabilités. Des discussions doivent être menées entre le client Alstom et ses fournisseurs et sous-traitants pour limiter l’impact des décisions prises sur l’activité et la pérennité de ces sites. Alstom-Tarbes a d’ailleurs déclaré que ses activités sur ses sites de chaudronnerie et de câblage étaient stratégiques dans la mise au point des prototypes. Alstom suit donc de près le dossier et nous suivrons, nous aussi, scrupuleusement l’évolution des discussions pour éviter que l’opération concernant le rachat d’Alstom n’ait des conséquences injustifiées sur les sous-traitants. Les grands groupes ne doivent pas se désengager de leurs responsabilités à l’égard de leurs filiales sous-traitantes.

Je tiens par ailleurs à rappeler l’importance du marché français du ferroviaire pour Alstom Transport et ses 5 000 sous-traitants : 20 % du chiffre d’affaires ferroviaire du groupe est réalisé en France. Trois projets importants sont attendus : TGV du futur, RER NG et TER et trains d’équilibre du territoire (TET). Il faut savoir que, pour un emploi chez Alstom, il y a trois emplois chez ses sous-traitants. Nous serons assurément vigilants en termes de commandes publiques, mais notre objectif est de renforcer la compétitivité d’Alstom Transport à l’international, là où résident les vraies capacités de développement.