Développement de l’économie numérique : Jeanine DUBIE interroge les rapporteurs

pellerin

A l’occasion de la présentation du rapport de la mission d’information sur le développement de l’économie numérique, Jeanine DUBIE a notamment soulevé les questions du développement des infrastructures haut débit dans les territoires ruraux et du développement de la santé numérique.

Mme Jeanine Dubié. Je souhaite remercier les deux rapporteures et leur dire que j’ai vraiment apprécié cette présentation, qui fait suite à plusieurs travaux qu’elles ont déjà menés ensemble et qui nous apportent un réel éclairage. En tant qu’élue d’un territoire rural, je considère que la question de l’égal accès aux infrastructures, et notamment au très haut débit, revêt une importance cruciale. S’il est vrai que le numérique bouleverse nos modes de vie et le fonctionnement des entreprises, encore faut-il en effet que le réseau se développe pour que ces nouveaux usages deviennent partout réalité. Je souhaite revenir aussi sur le développement du secteur la « santé numérique » qui apparaît aujourd’hui comme une piste pour lutter contre la désertification médicale touchant près de deux millions de personnes. Des perspectives existent par ailleurs tant en ce qui concerne l’amélioration des diagnostics que l’optimisation des parcours de soin. En décembre dernier, le Gouvernement a annoncé à cet effet le lancement d’un programme doté de près de 80 millions d’euros. Où en est cette initiative ? Il convient ce faisant d’accompagner cette dynamique par une adaptation du cadre économique et juridique. S’agissant des questions touchant à la santé, la protection des données personnelles est en effet un sujet particulièrement sensible. Comment faire de la France un leader en la matière ?

Mme Corinne Ehrel, rapporteure.Concernant le plan très haut-débit, nous considérons que les infrastructures très haut débit fixes et mobiles soutiennent évidemment le développement de l’économie numérique. Mais nous manquons d’une stratégie industrielle suffisamment forte au niveau européen. Or il s’agit d’un enjeu majeur qui touche à la fois aux écoles, aux industries et aux très petites entreprises. Pour pouvoir faire du cloud computing, il faut également que les data center soient reliés avec un réseau qui tienne. Sur l’état d’avancement du plan, c’est à la ministre de répondre. Quand on va à l’étranger, on voit bien que les infrastructures vont extrêmement vite, notamment dans les pays asiatiques.
Enfin, sur la e-santé, comme le disait Jeanine Dubié, c’est effectivement une partie de la réponse pour les territoires ruraux. Mais cela pose des questions en termes de modification des rapports entre le patient et le médecin. Le numérique ne peut être que complémentaire. Il faut toujours penser que le numérique est un outil qui permet de nouveaux services. Mais il ne faut pas pour autant prôner la déshumanisation, bien au contraire. La e-santé, dans le traitement des données anonymisées, est un gigantesque potentiel en matière, par exemple, de prévention d’un certain nombre de pathologies et de maladies rares. Nous avons des acteurs français très performants dans ce secteur, comme l’entreprise Withings qui travaille sur les données connectées.