Commission des affaires économiques : Jeanine DUBIE participe à une table ronde sur l’industrie du cinéma

Mercredi 30 novembre 2016 à 9h30, la commission des affaires économiques organise une table ronde sur l’industrie du cinéma à laquelle ont participé les personnes suivantes :

– Frédérique Bredin, présidente du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC),

– Carole Scotta, présidente de la société de production et de distribution « Haut et court » et co-présidente du syndicat des distributeurs indépendants réunis européens (DIRE),

– Richard Patry, président de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF),

– et M. Jean-Baptiste Dupont, président de LGM Productions et vice-président de l’association des producteurs indépendants (API).

Le cinéma et l’audiovisuel représentent une valeur ajouté de 8,5 milliards d’euros (soit 0,9 % du PIB), c’est plus que l’industrie pharmaceutique (6,4 milliards d’euros) et équivalent à celle de l’industrie automobile (8,6 milliards d’euros). 340 000 emplois en sont dépendants.

La France est le premier marché du cinéma en Europe avec 210 millions d’entrées en 2015. L’offre s’appuie sur une infrastructure d’exploitation qui est la plus dense du continent avec 8,7 écrans pour 100 000 habitants. Les œuvres françaises représentent 35,5 % des entrées après le cinéma américain qui attire 52 % du public.

Le cinéma français obtient également de bons résultats à l’étranger. L’étude annuelle du CNC et d’UbiFrance de novembre 2015 révèle ainsi que, pour la seconde année consécutive, le cinéma français enregistre plus d’entrées à l’international qu’en France.  Les films français totalisent ainsi 111 millions d’entrées et 216 millions d’euros de recettes d’exportation, ce qui constitue un record. Ces résultats à l’international sont accompagnés par le CNC qui a dévoilé, le 24 novembre, un plan export doté de 12 millions d’euros. Le CNC vise à multiplier par quatre la diffusion internationale des œuvres audiovisuelles françaises. Il s’agit selon Frédérique Bredin, de ne plus considérer le marché à l’international comme complémentaire mais prioritaire par rapport au marché domestique.

Malgré ces bons résultats, le secteur fait face à des difficultés importantes. D’abord, le risque de surproduction est jugé sérieux alors que la part de marché des productions françaises baisse sur le marché domestique. Certains considèrent les films français trop chers, notamment en raison des cachets versés aux vedettes françaises, qui sont proportionnellement beaucoup plus élevés que ceux des stars américaines.

Ensuite, les diffuseurs et notamment les chaînes de télévision, financeurs important du cinéma, sont confrontés à des difficultés financières du fait de l’érosion de leur audience, de la diminution des ressources publicitaires et, concernant les chaînes publiques, à la contraction de la dépense publique. Par ailleurs, l’arrivée de nouveaux acteurs, tels Netflix, bouleverse à la fois l’offre de contenus et le modèle de financement du cinéma français. Ainsi, par exemple Canal+ subit à la fois la baisse de son nombre d’abonnés et est directement concurrencé par Netflix sur les séries, son segment de prédilection, alors même que ce dernier n’est pas soumis aux obligations de financement du cinéma.

Enfin, les modes de diffusion et de consommation des films sont bouleversés par les évolutions technologiques. Les plateformes de vidéo à la demande (VOD), gratuites comme Youtube ou payantes comme Netflix, constituent une concurrence sérieuse pour le cinéma. Par ailleurs, les diffuseurs pourraient être profondément affectés par le lancement du e-cinéma, qui consiste à proposer directement en VOD des films de cinéma inédits, ou du projet « screening room ». Ce dernier, porté par le fondateur de Napster Sean Parker, divise profondément l’industrie du cinéma et les réalisateurs américains. Il permettrait de visionner, en toute légalité, des films dans son salon au moment de leur sortie en salle.

Retrouvez l’intervention de Jeanine DUBIE :