CAE : Audition de M. Matthias Fekl, sur la stratégie du commerce extérieur

Dans le cadre des travaux de la Commission des affaires économiques, Jeanine DUBIE a interrogé le Secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur Matthias FEKL au sujet de la situation des dispositifs d’accompagnement à l’export pour les PME et TPE ainsi que sur l’impact du CETA sur l’activité économique en France.

 

 

Mme Jeanine Dubié. Monsieur le secrétaire d’État, merci pour cette présentation très pédagogique, et plus encore pour la constance de votre engagement en faveur de notre politique en matière de commerce extérieur.

Ayant été rapporteure pour avis des crédits du commerce extérieur dans le cadre du projet de loi de finances pour 2017, je souhaite vous interroger sur les dispositifs d’accompagnement des PME à l’export. Lors des auditions que j’ai menées, les PME m’ont fait état de leurs nombreuses difficultés à s’internationaliser et ont notamment mis le doigt sur la très grande complexité du dispositif d’accompagnement. J’ai noté que vous aviez travaillé à simplifier et à rationaliser l’écosystème du commerce extérieur en multipliant les conventions entre Business France et d’autres opérateurs. Pourriez-vous dresser un premier bilan de ces conventions ? Ont-elles permis à Business France d’apporter aux entreprises un soutien plus personnalisé ?

Dans la droite ligne de cet effort de clarification et d’amélioration de l’accompagnement, vous avez souhaité définir des « familles » prioritaires à l’export. Toutefois, les entreprises semblent montrer un certain scepticisme à ce sujet, en raison, notamment, de la concurrence qui prévaut parfois au sein d’une même filière. Qu’en est-il réellement ? Quelles mesures d’accompagnement mettez-vous en œuvre pour convaincre les entreprises françaises de « chasser en meute » à l’étranger ?

Je souhaiterais également revenir sur le CETA. Selon certaines études, l’adoption de ce traité entraînerait la disparition de plus de 200 000 emplois en Europe, dont 45 000 en France. Qu’en est-il vraiment ?

M. le secrétaire d’État. Pour notre part, Madame Jeanine Dubié, nous avons le sentiment que le système des « familles » prioritaires à l’export fonctionne plutôt bien. C’est en tout cas ce qu’indiquent les retours que nous avons de la part des entreprises, en attendant une évaluation plus précise et plus scientifique. Nous avons le sentiment qu’il y a une plus-value, variable selon les fédérateurs et leur implication, et que le dispositif facilite les choses, notamment pour les PME, car il est plus simple pour elles de s’adresser aux fédérateurs. La question a été évoquée au Chili, la semaine dernière, lors de la visite du président François Hollande, comme elle l’est dans le cadre de tous mes déplacements. Le travail est fait en amont et nous avons le sentiment que cela fonctionne.

S’agissant des pertes d’emplois que pourrait provoquer le CETA, des études, vous l’avez dit, ont été conduites. Je ne les prends cependant pas beaucoup plus au sérieux que celles qui prévoient, à l’unité près, le nombre d’emplois qui seront créés. Il ressort de notre analyse qu’il s’agit d’un accord globalement équilibré pour la France, mais nous nous sommes battus pour que les Parlements nationaux aient à se prononcer. L’accord est désormais entre les mains du Parlement européen et, entre autres, du Parlement français, sachant que l’analyse du Gouvernement n’a pas changé. Pour la France, le Canada est un partenaire au même niveau que le Nigéria et la Roumanie. C’est un grand pays, partenaire et ami de la France, avec lequel nous avons une relation historique, mais ce n’est pas, en termes économiques, un partenaire de tout premier plan.