Budget 2017 : Jeanine DUBIE présente son rapport sur le commerce extérieur et l’internationalisation des PME et TPE

 Dans le cadre de l’examen du budget pour 2017, Jeanine DUBIE a été nommée rapporteur pour avis sur les crédits de la mission Commerce extérieur. Ce rapport a été l’occasion de se pencher sur la question de la difficile internationalisation des PME françaises, peu représentées à l’export, notamment en termes de volumes ou de valeur des exportations.photo-illustration-com-ext

Le commerce extérieur représente un secteur stratégique pour la France, qui est aujourd’hui le 6ème exportateur mondial de biens et services. Comme on l’entend souvent, la France dispose, il est vrai, d’atouts et de secteurs industriels forts et compétitifs. Il faut toutefois reconnaître que, depuis dix ans, le pays connaît un déficit commercial important. Certes, ce déficit se résorbe depuis quelques années mais cette résorption est essentiellement due à des facteurs exogènes, que ne maîtrisent pas les pouvoirs publics. En 2015, par exemple, les exportations ont été majoritairement soutenues par la forte dépréciation de l’euro et la baisse des coûts de l’énergie. Seuls 20 % de l’amélioration constatée pouvaient être expliqués par une plus grande compétitivité des entreprises françaises à l’export. Pour l’année 2016, les perspectives de résultats sont peu optimistes et les exportations accuseraient, selon les prévisions, un fort ralentissement.  C’est pourquoi, les crédits votés en soutien du commerce extérieur doivent faire l’objet d’une attention particulière : il s’agit de renforcer les atouts structurels de l’économie française, pour rendre les performances à l’export moins vulnérables à la conjoncture.

À l’issue des auditions que j’ai conduites, il ressort qu’un certain nombre d’obstacles freinent l’internationalisation des PME : celles-ci évoquent d’abord un manque d’expertise interne, notamment au regard des compétences spécifiques que requière l’internationalisation. Elles font aussi allusion à leur difficulté à se fédérer, et au faible effet d’entraînement des grands groupes ou des ETI avec lesquels elles travaillent. Elles souffrent également de l’absence de marges financières suffisantes, en particulier dans la mesure où le marché du crédit est réticent à les accompagner dans leur prise de risque. Enfin, toutes signalent la grande complexité des dispositifs de soutien public, source d’inefficacité. En effet, le système de soutien semble dual avec, d’un côté, un soutien public trop « administratif », qui ne proposerait pas de solutions adaptées au monde de l’entreprise, et de l’autre, un soutien d’organismes privés, ou parapublics, composés de chefs d’entreprises, plus efficace mais doté de trop peu de moyens.

J’ai également souhaité établir un premier bilan de l’application des mesures annoncées lors du premier forum des PME à l’international, de mars 2015. Je veux d’abord saluer la multiplication des conventions entre Business France et d’autres opérateurs du soutien aux entreprises, qui permettent de rationaliser le dispositif. Ce système reste toutefois excessivement complexe et le mouvement engagé doit être poursuivi. Je salue également la mise en place du site France-international, ainsi que la simplification des procédures douanières. Je souligne toutefois que l’accès à l’information et la réalisation de l’ensemble des démarches représentent encore un coût et un temps excessif pour beaucoup d’entreprises. Enfin, je reconnais l’effort de clarification et d’amélioration de l’accompagnement qui a résulté en la définition des familles prioritaires à l’export. Toutefois, les entreprises interrogées ont montré un certain scepticisme à ce sujet, en raison, notamment, de la concurrence qui prévaut parfois au sein d’une même filière.

Face à ces difficultés, je propose plusieurs pistes d’évolution, notamment le renforcement de la compétitivité-prix des PME, au travers du ciblage du CICE, mais aussi de la compétitivité hors-prix, au travers de la valorisation de la marque France. Je propose par ailleurs de clarifier encore davantage les responsabilités de chaque organisme de soutien et de rationaliser leurs actions respectives. Cela implique, notamment, de repenser les implantations des CCI et des bureaux de Business France à l’étranger. Je recommande également de renforcer le portage des PME à l’international par les grands groupes, et de stabiliser les crédits des CCI.

Retrouvez ci-dessous son intervention :