Audition de Carlos GHOSN par la Commission des affaires économiques

Dans le cadre des travaux de la Commission des affaires économiques, Jeanine DUBIE a interrogé Carlos GHOSN, Président du groupe Renault au sujet de la politique salariale de son groupe au regard des bons résultats annoncés au début du mois, et de ses ambitions sur le marché chinois, notamment en matière de véhicule électrique.

Retrouvez  ci-dessous son intervention

 

Mme Jeanine Dubié. Merci, monsieur le président-directeur général, pour votre présentation, et surtout pour vos excellents résultats. Il est agréable d’entendre que Renault va bien, mais quelle sera la traduction de ces bons résultats pour les salariés ? Vous avez évoqué l’augmentation de l’intéressement, mais y aura-t-il une augmentation des salaires ?

Nous savons que vous souhaitez conquérir, à terme, 3,5 % du marché chinois, mais le ralentissement économique que connaît ce pays ne contrarie-t-il pas vos plans ? Et quand le véhicule low cost que vous envisagez pour le marché chinois pourra-t-il être commercialisé ? Quels sont vos objectifs en la matière ?

M. Carlos Ghosn. L’accord de compétitivité, autre thème abordé par vos questions, est aujourd’hui un succès reconnu même par ceux qui ne l’ont pas signé. Les salariés sont fiers d’avoir conclu un accord qui a ramené beaucoup de sérénité dans le groupe. Les résultats de Renault sont aussi le fruit de ce qu’ils ont accepté de faire ces trois dernières années.

Cet accord a commencé comme un accord conjoncturel, mais cela a si bien réussi que nous nous sommes demandé s’il ne fallait pas poursuivre dans la même voie. Pourquoi ne pas se mettre autour de la table avec tous les partenaires sociaux pour discuter des préoccupations des salariés et, à partir de ces préoccupations et des nécessités de l’entreprise pour son prochain plan, parvenir à un accord ? Malgré les résultats, il existe une très grande préoccupation relative aux métiers : compte tenu des nouvelles technologies, de la digitalisation de l’entreprise, nos ingénieurs et techniciens se demandent ce que sera leur métier dans cinq ans. Ils réclament par conséquent des formations plus solides, un engagement de formation construit ensemble et non pas décidé seulement par la direction générale. Je trouve que c’est un très beau sujet d’accord. La question de la réduction du nombre d’intérimaires sur certains de nos sites en est un autre. Le plan s’achève fin 2016 ; essayons de construire quelque chose qui engage l’ensemble des partenaires pour l’avenir.

Nous sommes en négociation avec les différentes organisations syndicales sur la politique salariale. L’intéressement est mécanique et lié aux résultats du groupe ; il est déjà décidé. Si la croissance et la profitabilité de Renault ne sont pas perçues comme un facteur de progrès pour tout le monde, elles ne seront pas au rendez-vous, mais il faut en même temps être responsable. Il faut que les bons résultats se traduisent par du concret pour les personnels et en même temps que la compétitivité de l’entreprise continue de s’améliorer.

 

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